MULTIMEDIA ART MUSEUM, MOSCOW
MUSEUM "MOSCOW HOUSE OF PHOTOGRAPHY"
Ru

Goksin Sipahioglu
Un regard sur les barricades — Mai 68

Goksin Sipahioglu.
A pacifist student puts a flower in the cap of a wary policeman guarding the Sorbonne during the student riots. 
June 16, 1968 Goksin Sipahioglu.
Student Riots. 
May 6, 1968 Goksin Sipahioglu.
Student Riots. 
May 6, 1968 Goksin Sipahioglu.
Amoureux soixante huitard lors d’un manif de l’UNEF devant l’usine Citroen occupe Paris, FRANCE. 
June 1, 1968 Goksin Sipahioglu.
Rue de l’Universite, des ecoliers escaladent une barricade. Paris.
June 11, 1968

Goksin Sipahioglu. A pacifist student puts a flower in the cap of a wary policeman guarding the Sorbonne during the student riots. June 16, 1968

Goksin Sipahioglu. Student Riots. May 6, 1968

Goksin Sipahioglu. Student Riots. May 6, 1968

Goksin Sipahioglu. Amoureux soixante huitard lors d’un manif de l’UNEF devant l’usine Citroen occupe Paris, FRANCE. June 1, 1968

Goksin Sipahioglu. Rue de l’Universite, des ecoliers escaladent une barricade. Paris. June 11, 1968

Moscow, 3.04.2008—9.05.2008

exhibition is over

WINZAVOD CENTRE FOR CONTEMPORARY ART

4th Syromyatnicheskiy Lane, 1, bld. 6
General Information: +7 (495) 917-46-46

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RIgroup Halls of the Multimedia Complex of Actual Arts at the WINZAVOD

Curator: Ferit Duzyol

This project is presented by the Agency Sipa Press, Paris, with the support of the French Embassy in Russia and the French Cultural Center in Moscow, RIGroup

RIgroup Halls of the Multimedia Complex of Actual Arts at the WINZAVOD

Curator: Ferit Duzyol

This project is presented by the Agency Sipa Press, Paris, with the support of the French Embassy in Russia and the French Cultural Center in Moscow, RIGroup

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For mass-media

Un regard sur les barricades — Mai 68

Quand Mai 68 eclate, Goksin Sipahioglu est depuis un an seulement a Paris en tant que correspondant de plusieurs grands journaux en Turquie. Il est aussi l’un des photographes de l’agence VIZO (ancetre de Gamma et bien sur de SIPA PRESS) ou travaille egalement Gilles Caron, qui mourra au Cambodge, dans la fleur de l’age, ouvrant la longue liste des photo-journalistes tombes sur les champs de bataille ou sous les balles des fanatiques.

La qualite primordiale de Goksin, c’est son regard, intelligent et vif. Celui-ci nourrit de fulgurances une imagination qui sait subodorer et prevoir.

Il perce vite. Certaines de ses photos ont deja fait le tour de la planete... Mai 68 va etre comme un examen de passage. Sera-t-il ou non admis dans la cour des grands? Tous les meilleurs photographes du monde rodent ce mois-la entre le boulevard Saint-Michel, la Bastille et les Champs-Elysees. La concurrence est rude. Le grand Turc leur montre a tous qu’ils devront desormais compter avec lui. Il collectionne les " Une " et les doubles pages.

La photo la plus parlante de ce fameux Printemps des Enrages est a mes yeux, celle ou l’on voit au Quartier latin des C. R. S. en calot et cire, passer en exprimant a la fois le dedain et une force encore contenue, devant une foule gesticulante qui vocifere des C. R. S. -S. S. Le slogan du jour! Au-dessus des tetes, exactement entre les civils excites et les forces de l’ordre emmurees dans un silence lourd de menace, on lit " Le vice et la vertu «, titre du film de Vadim a l’affiche sur la facade du cinema situe a l’arriere plan de cette scene. Un autre document, nous montre, en pleine nuit, dans les rues devastees de Paris, un second panneau arrache a un cinema et brandi par des etudiants survoltes. On y lit » Police sur la ville «. Goksin, c’est un regard a l’affut, arme d’un patience tetue. Il sait attendre, la ou il faut, la scene qu’il pressent. Ses longues planques lui valent quelques coups de matraque de la part des C. R. S. excedes par son insupportable ubiquite.

C’est par ce Printemps des Enrages qu’il se revele vraiment en France. Il avait lui aussi de la rage a revendre et un talent a prouver. Mai 68 lui offre cette opportunite. » Ce n’est qu’un debut continuons le combat " hurlaient alors les etudiants de la societe d’abondance qui, par un sursaut, de romantisme herite du siecle d’avant, s’etaient mis a rever du «grand soir». Pour Goksin aussi ce n’etait qu’un debut. Sa lutte, il va la poursuivre sans relache et aujourd’hui l’agence qu’il a fondee, SIPA PRESS, est connue dans le monde entier. Des jeunes viennent, chez lui, apprendre les ficelles du metier et il en a deja forme beaucoup qui par la suite se sont fait un nom. Quarante annees se sont ecoulees depuis ce «Temps des Cerises» qui copiait un peu celui de la Commune mais ou, grace au Ciel, la misere etant a l’epoque jugulee, on ne fusillait pas les enfants bien nourris d’une France alors privilegiee ou le chomage etait pratiquement inconnu. Tout au plus batonnait-on un peu, avec les egards dus aux sujets turbulents d’une societe policee et prospere, ces enfants terribles qui reclamaient surtout «La Liberte Sexuelle», «Le Droit a la Paresse», et qui, par leur chahut, faisaient un grand pied de nez a une morale qui, elle aussi, comme leurs barricades, etait en retard d’un siecle. Les photos de Goksin aujourd’hui font partie de l’Histoire.

Jean Bertolino Grand Reporter

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